« Petit Bonhomme » – Les Wriggles (analyse)

 Nous avons parlé il y a peu de temps du Retour des Wriggles sur scène, aujourd’hui je vous propose une petite analyse d’une de leurs plus belles chansons: « Petit Bonhomme ». Les Wriggles, c’est souvent humoristique, même avec les petits malheurs de la vie, mais « Petit Bonhomme » qui est sortie en 2007 dans l’album Tant pis! Tant mieux! est d’une tout autre dimension.

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        En effet, cette chanson parle  d’un enfant devenu un néonazi, racontée par sa mère qui ne comprend pas ce choix. Elle raconte le changement de son fils après une rencontre, des mauvaises expériences de vie.

–> Il commence à changer physiquement, il se rase le crâne comme signe d’appartenance à un groupe, comme les Skinhead, un groupe ayant un certain style de vie, aimant la musique comme le ska, la soul américaine, mais qui a pris d’autre route, comme le néonazisme pour certains:

« Y’a eu ce coup de vent sur ton crane
Qui a emporté tout tes cheveux »

–> L’enfant a fait des mauvaises rencontres:

 » Ce nouveau copain en terminale,Puis ces deux flingues au fond de tes yeux »

–> Des mauvais choix, des échecs ont emprisonné cet enfant dans une sorte de peur, jusqu’à devenir ignorant du monde qui l’entour. Les paroles parlent de « livre interdit », ce qui semble être un lien avec les livres qu’interdisait Hitler (comme ceux écrits par des juifs):

« Deux ou trois échecs en amour
Une sacrée bonne dose d’ennui
Plus d’ignorance de jours en jours
Et puis ces livres interdits »

–> Au fil du temps, le « petit bonhomme » est devenu quelqu’un d’autre. Un individu n’ayant que la notion d’ordre, de punition, de violence, baignant dans l’extrémisme. Comme les nazis au temps de la seconde guerre mondiale, qui voulaient tuer les individus qui ne ressemblaient pas à la race aryenne mise en avant par Hitler, le « petit bonhomme »  tue ce qui ne lui ressemble pas:

« Et puis tu as suivi la horde
Les chiens les grenades les canifs
On t’attisé ta notion de l’ordre
Et ton gout pour le punitif
Le désir d’éliminer 
Tout ce qui ne te ressemble pas
Les ignorances que tu hais
Tu as buté n’importe quoi »

–> Finalement, la mère raconte que le jour du jugement de son fils est arrivé, mais qu’il n’y avait personne au cimetière pour lui, à part elle. Comme quoi, ses « amis » étaient seulement ses amis sous une croix gammée:

« A vivre ta vie a Pile ou Face
Ta pièce t’a rendu sa monnaie
C’est l’heure d’écrire ton épitaphe
Sous une croix qui n’est pas gammée
Y’a personne d’autre que moi sur Terre
Le jour de ton enterrement
A franchir la grille du cimetière
Vois, tous tes copains sont absents »

–> Mais il y a une autre dimension intéressante dans cette chanson: l’incompréhension de la mère. En effet, en plus de son désarroi, on a l’impression qu’elle s’en veuille, comme si c’était de sa faute, qu’elle aurait du faire quelque chose (on peut voir cela avec les paroles du refrain et vers la fin de la chanson):

« Qu’est ce que j’ai fait
Pendant ce chemin parcouru
Qu’est ce qui t’a fait
Devenir ce que tu es devenu »

« Et maintenant
Qu’est ce qui fait qu’au jour ou nous sommes
Je ne suis qu’une maman
Qui pleure son petit bonhomme »

–> Cependant, il semble que l’enfant a pris ce chemin à cause de la peur, une peur qu’on lui a transmise. Cela le paralyse, il ne réfléchit plus, alors il veut tout faire pour s’en débarrasser, en commettant certains actes. Rationnelle ou non, cette peur l’a emmené sous terre, sa mère n’a donc plus que le choix de pleurer et de lui apporter des fleurs:

« Ce sont des petits morceaux de peur
Un peu partout, disséminé
Des petits fragments de frayeur
Qui finissent par s’assembler
Rien que des petits morceaux de peur 
Que l’on ta gentiment donné
Des limailles, des copeaux, de terreur
Qui paralysent la pensée. »

« Ce sont des petits morceaux de peur
Un peu partout, éparpillés
Des débris, des tessons, de terreurs
Qui t’incitent à ne pas changer »

« Rien que des petits morceaux de peur
Qui paralysent la pensée
Des éclats, des débris, de frayeur
Qui effacent une identité »

« Ce sont des petits morceaux de peur
Qu’a droite a gauche j’ai glanés
Des éclats, des débris, de terreur
Tiens, je t’en ai fais un bouquet »


« Petit Bonhomme » est donc une si triste chanson, mais pourtant très belle, montrant le désarroi d’une mère face aux choix de son fils, choix dont la peur tire les ficelles. Cette dernière,  qui aujourd’hui encore, fait dire ou fait commettre des actes impensables. Mais si on prenait le temps de réfléchir et de s’instruire, elle serrait moins forte à ce « jeu ».


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